Félix Nadar, le photographe,  pour aider Gustave de Ponton d'Amécourt à faire connaître ses recherches sur l'hélice, solution alors controversée à la locomotion aérienne, photographie ses maquettes d'hélicoptère.

Les hélicoptères de Gustave de Ponton d’Amécourt
photographiés par NADAR.
(BNF)

Afin de les isoler absolument de tout contexte, il est obligé de les faire tenir, avec un dispositif de ficelles qu'on aperçoit encore sur l'image.

Cette mise hors contexte de l'objet choisi produit, au-delà de l'efficacité documentaire voulue par ces photographes du XIXe siècle, un effet annexe. Il est si anormal visuellement d'isoler radicalement une chose que, ce faisant, on la dénature tout autant qu'on en restitue une possible vérité.

En utilisant de la manière la plus abrupte la fonction d'enregistrement de la réalité tangible du monde, propre à la photographie, on apporte au contraire la preuve que cette réalité n'existe pas en soi et que l'image produite par l'appareil n'est qu'une vision de plus, créée par le médium lui-même.

Vu sur le site de la BNF