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Le Château de Perrou est situé sur un tertre
qui surplombe la vallée de la Dordogne,
sur l’ancienne commune de Rouillac.

Le bourg de Rouillac, florissant au moyen âge, a disparu. La paroisse de Rouillac est connue par titre depuis 1110. Elle fut désunie en XIVème siècle de la sirerie de Bergerac et chatellenie de Montcuq et elle porta ainsi le titre de juridiction jusqu’en 1789.

 

« Le Château Perrou, ancien repaire noble, est près de Châteauvieux dont les ruines sont intéressantes. Avant de passer par alliance, dans les mains de la famille de Madaillan , le Château Perrou a appartenu durant des siècles à la famille de Briançon. »

 

En dessous du Château dans le cimetière de l’Eglise Notre Dame de Rouillac, repose Louis Jean Joseph de Tascher (1707-1791). « Il avait acheté le 16 juin 1756 la maison noble de la Tour. Il descendait de la noble famille de Tascher dont certains ont habité de Périgord et dont la branche aînée, Tascher de La Pagerie, émigrée en Martinique, a donné à la France une de ses souveraines », l’impératrice Josephine, femme de Napoléon I, Empereur de rois.

En 1858, « Eugène-Louis-Joseph-Napoléon de Tascher, fils de Louis, seigneur de Rouillac, épousa Mademoiselle Françoise-Sima - Catherine de Lentilhac (1835 - …), directrice de la Poste aux lettres de Mauvezin (Gers) et possessionnée à Monbazillac ».

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Les membres de la Famille d’Amécourt, propriétaire, sont les neveux de Charlotte Dupin, Marquise de Lentilhac… Il leur plait d’imaginer qu’à cette noce, était présent Gaston-Félix-Charles-Victor Marquis de Lentilhac (1832 – 1880), dernier du nom, leur oncle !

C’est pour cette raison qu’ils ont dédié au Marquis de Lentilhac, leurs plus belles cuvées.

« Gaston, Félix, Charles, Victor, Marquis de Lentilhac a succombé le 29 avril 1880, à l’âge de 48 ans, aux suites d’un cruel accident dont il avait été victime au mois de juillet 1876. C’est à une chute de cheval qu’est due la fin prématurée de l’intrépide cavalier. Avec lui disparaissait un des grands noms de la plus ancienne aristocratie française. Il était en effet le dernier représentant mâle de cette illustre maison de Lentilhac qui remonte aux origines même de la féodalité et qui a joué un rôle considérable en Périgord et dans tout le midi au moyen âge. Il avait épousé en 1858, Mademoiselle Charlotte Dupin, seconde fille de feu le Baron Charles Dupin, l’éminent et honoré membre de l’institut, Ministre de la Marine et Mathématicien, créateur de l’INSEE. (L’académie des Sciences remet tous les deux ans le Prix Charles Dupin, à un ouvrage traitant de l’économie et/ou des statistiques.) »

« Sur son plateau inondé de soleil, tout offert au vignoble, dominant de loin la vallée de la Dordogne, Le Perrou, au nom évocateur, forme une spacieuse chartreuse et étale ses volumes épais et aplatis sur le sol nourricier autour d’une large cour carrée.





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Gravure représentant
le Marquis de Lentilhac


Le corps central qui fait face, au fond de la cour au grand portail de l’entrée, est accosté de deux pavillons à peine plus hauts faisant saillie sur la façade postérieure seulement. Sur la façade antérieure, ils sont au contraire sur le même nu ; mais ils se prolongent sur deux ailes de communs qui viennent achever de part et d’autre de la grille d’entrée deux pavillons un peu plus haut et rendus plus aériens par leur toitures droites comme à l’origine. Celles-ci se distinguent fort parmi les bâtiments de leur entourage qui sont tous couverts de massifs toits brisés (1830). D’après Bousserie de Masmonter : « cette construction du règne de Louis XIII a perdu son principal ornement le jour où ses hautes toitures ont été remplacées par une toiture mansardée ». Les pavillons de l’entrée seraient les seuls à avoir échappé à une totale refonte au XIXème sicle ? Toujours est-il que ces toits sont tous indépendants et trahissent ainsi une charpente de conception plutôt XVIIème, présentant par conséquent de nombreuses interruptions de faîtage ; ces multiples extrémités s’ornent toutes de fières girouettes qui sont l’un des fleurons de la demeure. A l’instar de toute une partie de l’aristocratie bergeracoise, les Brianson, propriétaires du Château du Perrou comme nous allons le voir, étaient protestants ; ils embrassèrent comme la plupart de leur coreligionnaires, les idées de la Révolution de 1789, et sauvèrent tout à la fois leur tête, leur fortune et leurs girouettes »



 

Les familles Fayolle, de Brianson

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Stèle en la mémoire des familles
Dupin, Lentilhac,
Hamel de Breuil et
Ponton d'Amécourt

Le Perrou primitif appartenait sans doute au XVIème siècle, à ces Fayolle, chevaliers poitevins parvenus en Périgord en 1483, qui n’ont rien à voir avec les Fayolle Périgourdins de tout temps à Tourne ni avec les Fayolle de Sarrazac maîtres de forges du Nontronnais, ni avec les fayoll du Bigeas que nous rencontrons à la chartreuse du Bigeas que nous rencontrons à la Chartreuse de ce nom à St Romain-St Clément.

Bien que St Saud, qui a analysé en profondeur cette famille ne mentionne pas cette alliance, O Gilvy affirme que Jeanne Fayolle, dame de Perrou en la paroisse de Rouyillac se maria en 1588 avec Arnaud de Brianson seigneur du dit lieu près de Verteillac et de St Martial. Elle serait morte sans enfants en 1594, mais son mari et héritier se remaria en 1619 avec une voisine, Jeanne d’Alba, et légua le Perrou à son fils Jean de Brianson.

Celui-ci, seigneur de Perrou, marié en 1649 à Marguerite de Pinaud de Galmoux, s’intéressa grandement au Perrou et sans doute venait-il d’édifier la chartreuse actuelle lorsque pendant les troubles de la Fronde il s’inquiéta des dégâts que risquaient d’occasionner les militaires.

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Vue du balcon du Château de Perrou

 

 

 

 

 

Les remaniements de 1830 (terrasse, grille et toits brisés),
les familles de Madaillan, d’Amécourt

En 1830, Perrou est vendu par les Brianson à leur cousin de Madaillan de Montataire. Les Madaillan rénovent la propriété à cette époque : le mur d’enceinte est remplacé par une grille, la terrasse est crée au Nord, les toits périgourdin sont remplacés par les toits brisés à la Mansard, ajoutant ainsi un étage à la chartreuse.

Le ménage Madaillan d’alors pose au dessus de la porte d’entrée une pierre de taille figurant les armes croisées des Madaillan et des Lesparre (en Médoc). Madame de Madaillan est en effet la dernière du nom.

Perrou_allee.jpgEn 2002, la Famille Ponton d’Amécourt, rachète la propriété aux enfants d’Amaury de Madaillan, décédé en 1995. Amaury de Madaillan aura été une figure locale de la vie Périgourdine du XXème siècle. Il fut longtemps Maire de Gageac et Rouillac, sa commune.

Le souhait de la famille d’Amécourt est désormais de restaurer Perrou afin que cette propriété puisse traverser encore quelques générations en produisant notamment des vins de qualité, sur un terroir merveilleux !